‹ Cavour et l'unité Italienne (volume 3)Chapitre 251 sur 347 · Cavour à Magenta, 10 juillet · texte numérisé non relu

Cavour à Magenta, 10 juillet

4. Cavour à Persano, 7 juillet 1860. Le cabinet hésita sur le choix du commissaire ; Garibaldi eût préféré Valerio qui, six semaines après, fut commissaire général dans les Marches.

tion qu'il était actuellement royaliste, et donc se présentait comme « ami de tout le monde » ; il ramena Crispi aux affaires,, mais il ne put ou ne voulut réconcilier Garibaldi avec Cavour : entre ces deux grands hommes, les relations, quoique lointaines, se tendaient jusqu'à la rupture.

Cependant le cabinet de Xaples avait dû prendre sa décision après le retour du commandeur de Martino et lecture de la lettre du cabinet de Paris. Les conditions en étaient dures et humiliantes, et François II n'eût voulu les accepter que si le gouvernement français avait garanti la conservation de la dynastie ; le quai d'Orsay ne consentit à parler que « d'engagement moral ' », ce qui n'était guère, mais décida la cour napolitaine. Le 25 juin, François II signa un « acte souverain » en cinq points 2 : amnistie générale, — formation d'un nouveau cabinet qui préparerait un texte de constitution parlementaire, — accord avec le roi de Sardaigne pour les intérêts communs en Italie, — drapeau italien aux armes de Naples, — vice-royauté en Sicile, confiée à un prince de la famille royale, avec institutions représentatives. Dans le nouveau ministère, le titulaire de la Police n'était autre que le louche Liborio Romano : c'était le signe caractéristique, comme le symbole de l'état du royaume. Une mission extraordinaire devait partir de Naples à brève échéance pour Turin.

Lorsque Cavour apprit cet acte de la résignation napolitaine, il en éprouva une vive inquiétude. Décidé, selon son expression, « à manger les oranges » siciliennes, il espérait que cuirait « le macaroni » napolitain, et le plat s'éloignait du feu. Il lui fallut, raconte M. de Talleyrand, « deux grands

1. Nigra â Cavour, 26 juin 1860. Luzio, Garibaldi, Cavour, Verdi, p. 278. Thouvenel à Talleyrand, 27 juin 1860.

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