Cavour à E. d'Azeglio, 25 juillet
4. Cavour à Nigra, 13 juillet ; à E. d'Azeglio, 12 et 14 juillet.
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ber le roi de Naples en sauvant les apparences1 », telle sera sa politique. Il reçut avec courtoisie les Napolitains, eut avec Manna de longs entretiens où, disait-il au baron de Talleyrand, « ils se sont ouverts l'un à l'autre comme deux Italiens qui désirent franchement le bien de leur pays2 ». Touchant et lo}ral accord : Cavour jouait avec son interlocuteur comme le chat avec la souris.
La cour de Naples, trop confiante dans l'optimisme de ses généraux, croyant à une victoire de son aimée protégée par la citadelle de Messine, avait donné instruction à ses délégués de montrer quelque fermeté, d'obtenir tout ou moins une trêve en Sicile; c'était d'ailleurs une idée déjà ancienne du cabinet de Paris, que Victor-Emmanuel usât de son influence sur Garibaldi pour obtenir une suspension des hostilités pendant la durée des négociations entre Naples et le Piémont3, et Cavour avait employé les manœuvres les plus dilatoires pour retarder la démarche sollicitée. Mais le gouvernement français insistait et le Conseil des ministres sardes en délibéra le 22 juillet4, avant que fût connu le résultat définitif des combats devant Messine; le même jour le roi faisait porter à Garibaldi cette lettre, simple « conseil », et qu'il faut lire entre les lignes : « Pour mettre fin à la guerre entre Italiens et Italiens, y était-il écrit, je vous engage à renoncer à l'idée de passer avec votre troupe valeureuse sur le continent napolitain, pourvu que le roi de Naples s'engage à évacuer l'île entière et à laisser les Siciliens libres de discuter et de statuer sur leur sort5 ». Nul ne s'y méprit, c'était un conseil des-