Cavour à Nigra, 22 juillet
5. Une note secrète,, jointe par Victor-Emmanuel à sa lettre, indiquait la
tiné à n'être point suivi, une « comédie », écrivait un secrétaire de la légation française i.
Les jours suivants, d'ailleurs, toute l'ampleur de la victoire garibaldienne se révéla et il fut certain que nulle invitation n'empêcherait Garibaldi de pousser sa « marche triomphale ». L'alliance sarde-napolitaine était à jamais compromise. « On peut s'allier à un ennemi qu'on respecte, même après l'avoir vaincu, écrivait Cavour avec orgueil, on ne peut pas se salir en s'unissant à un gouvernement qui ne sait pas même tomber avec honneur2 ». Le 23, le baron de Talleyrand avait eu audience du roi Victor-Emmanuel, joyeux, goguenard : « La révolution, disait-il au diplomate qui lui en avait montré les périls, je ne la crains pas. Elle ne viendra jamais jusqu'à moi. A Naples, elle y a beau jeu, je l'avoue, mais aussi quel gouvernement! quelle sottise! quelle lâcheté! » Et comme le ministre de France parlait d'une conflagration générale s'étendant à toute l'Italie : « Eh, mon Dieu ! répartit gaillardement le monarque, on se tire de tout dans ce monde. . . Voyons, voyons, ne soyez pas si sérieux, je ne vous aime pas avec cet air-là3 ».
Même Napoléon abandonnait le royaume des Deux-Siciles à son malheureux destin. Lassé des contradictions de la politique britannique, froissé de ce que le cabinet de Londres lui eût demandé de déclarer qu'il ne pensait à aucune acquisition nouvelle de territoires italiens1, se heurtant à un refus
réponse à faire, un refus poli. Guerrini, La missione ciel conte Giulio Lilta Modigiani in Sicilia (1860), dans le Risorg. it., 1909, p. 32.