‹ Cavour et l'unité Italienne (volume 3)Chapitre 256 sur 347 · Talleyrand à Thouvenel, 23 juillet · texte numérisé non relu

Talleyrand à Thouvenel, 23 juillet

4. Le cabinet anglais avait, dès le mois de mai, demandé au Piémont l'engagement de ne plus rien céder à la France, ce que Cavour avait garanti, « môme pour libérer Venise ».

d'envoyer les escadres anglaise et française dans le détroit pour en interdire le passage aux Garibaldiens, — l'empereur écrivit le 25 juillet à son ambassadeur en Angleterre, Persigny, une lettre destinée à la publicité, dont voici la phrase essentielle : « Je désire que l'Italie se pacifie, n'importe comment, mais sans intervention étrangère1 ». Cavour, à sa lecture, entonna un chant d'allégresse, car il n'était pas sans inquiétude et avait interrogé confidentiellement un ami : « Pensez-vous que la France agisse militairement contre nous?... Qu'on nous laisse faire nous-mêmes; c'est tout ce que je demande2. » L'impériale missive répondait exactement à ce désir.

La réponse de Garibaldi était arrivée, rédigée dans les termes préparés par le roi lui-même, pénétrée « d'affection et de respect », mais ajoutant : « Votre Majesté doit bien comprendre dans quel embarras me mettrait aujourd'hui une attitude passive vis-à-vis des populations que je suis obligé de retenir depuis si longtemps et auxquelles j'ai promis mon appui immédiat », et d'ailleurs concluant qu' « au terme de ma mission, je déposerai aux pieds de Votre Majesté l'autorité que les circonstances m'ont conférée et je serai heureux de lui obéir pour le reste de ma vie3 ». Cavour communiqua cette réponse aux diplomates napolitains, avec l'expression de ses « sincères » regrets et une flamme d'ironie joyeuse dans le regard. Il se garda d'ailleurs de rompre les entretiens avec eux, par crainte d'amener un éclat de la Russie4. Mais Garibaldi avait la voie libre.

1. Morning l'ost du 30 juillet 1860. Sur les causes de la lettre, Zanichelli, Cavour, p. 385 ; Mazziotti, Napoleone III, p. 203.

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