Talleyrand à Thouvenel, 24 août
o. Signoretti, Lapolitica inr/lese, p. 300 et suiv 4. Cavour à E. d'Azeglio, 22 juillet 1860.
Ouvertement, il ravitaillait l'expédition de Garibaldi : au grand jour les bateaux emportaient de Gênes à destination de la Sardaigne hommes de toutes nationalités, munitions et armement de tous calibres1. Il s'efforçait de ne pas rompre toutes relations avec Garibaldi, chargeait Persano de le féliciter chaleureusement après la victoire de Milazzo, comblait de flatteries Depretis2, Médici, Bixio. Mais le héros ne se laissait point séduire3. Et ceci était de Gavour la politique seconde.
Il en était une troisième, — sans parler de ce qui se tramait pour les États pontificaux. Le ministre sarde prévoyait la prochaine arrivée de Garibaldi en Calabre, sa marche rapide et dominatrice, son entrée à Naples. Mais une fois installé dans la capitale, en délogerait-il facilement ? Ou encore n'allait-il pas se jeter sur Rome pour s'y heurter à l'armée française, qui avait une autre tenue que la napolitaine et recevrait de Marseille les renforts nécessaires ? Tout le travail unitaire en serait compromis. De là l'idée dernière de Gavour, le tréfonds du secret : arriver à Xaples avant Garibaldi*. Pour y parvenir, il fallait susciter une révolution, qui détrônât le roi François II et créât dans tout le royaume un désordre général : alors le Piémont interviendrait pour rétablir l'ordre, dans l'intérêt public. Gavour se savait assuré de la bienveillance de l'Angleterre ; depuis la lettre du 2o juillet, l'intervention de l'empereur n'était plus à craindre, puisque le seul désir de Napoléon était que « l'Italie se pacifiât, n'importe comment » ; déjà dans un monologue devant Xigra, l'empereur avait déclaré très nettement que c'était au peuple