‹ Cavour et l'unité Italienne (volume 3)Chapitre 260 sur 347 · Cavour à Persano, 30 et 31 août · texte numérisé non relu

Cavour à Persano, 30 et 31 août

5. Trevelyan (G. -M.), Garibaldi and themaking of Italy, p. 124 et suiv.

se lança vers le Nord, suivi de ses « chemises rouges », qui avaient peine à imiter son allure endiablée. Tout cédait devant eux. « Oh la belle aventure, o gué ! a conté Fun de ces compagnons. Vit-on jamais pareil soulèvement, si spontané, si universel? Les villes, les villages se précipitaient devant nous et l'armée royale disparaissait à notre approche comme un vol d'oiseaux effarouchés 1 » . Et les soldats bourboniens ne tuaient guère que leurs propres officiers. Il n'y eut point de combats, à peine des escarmouches, et, plus qu'une incursion belliqueuse, ce fut une marche triomphale.

A la cour de Xaples, le désarroi tournait à l'ahurissement ; les fonctionnaires trahissaient, les officiers de terre et de mer désertaient, les libéraux se disputaient, le peuple dans sa stupéfaction ni ne voulait défendre le trône, ni ne se décidait à l'abattre2, et les provinces se soulevaient contre le monarque, en acclamant leur « libérateur ». François II avait pensé à organiser devant Salerne une ligne de résistance, mais il se sentait trahi, abandonné de tous ses conseillers; pour grouper et discipliner les soldats qui lui demeuraient Fidèles, il était nécessaire de prendre du champ ; le 5 septembre, il adressa à son peuple une proclamation très noble, très touchante — qu'avait préparée le ruffian Liborio Romano3 — , et le lendemain il partit pour Gaëte. Apprenant ce départ, Garibaldi, qui était à Salerne, fit chauffer un train et arriva à Naples, seul, audacieux, dominateur : la ville était illuminée, des cris de joie accueillirent le héros qu'atten-

Le lecteur a rectifié spontanément au t. I, p. 312, 1. 4, Reggio de Sicile en Reggio de Galabre ; de même t. II, p. 124, 1. 20, lire Sicile au lieu de Sardaigne.

1. Maxime Du Camp, Souvenirs littéraires, II, p. 238, et Expédition des Deux-Siciles, p. 96 et suiv.

2. Bersezio, // regno di Vittorio-Emanuele II, t. VII, p. 439.

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