‹ Cavour et l'unité Italienne (volume 3)Chapitre 265 sur 347 · Cavour à Ricasoli, 3 juin · texte numérisé non relu

Cavour à Ricasoli, 3 juin

2. Luzio, Una Ùcorsa ail' Archivio Bertani, dans Garibaldi, Cavour, Verdi, p. 196 et suiv.

3. Cavour à Nigra, 12 juillet 1860. — Cf. Bollca, Camillo di Cavour e la Spedizione délie Marche dans la revue II Risorgimenio italiano, 1917, p. 201 et suiv.

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dition projetée, triple raison pour Cavour de la condamner : au début d'août il fit donner ordre de diriger les volontaires de Bertani sur la Sicile, et de désarmer les soldats de Nicotera1.

Mais un nouveau danger se préparait, et bien plus grave, le passage de Garibaldi sur le continent et sa course foudroyante ; dans l'état de décomposition où était le gouvernement napolitain, il était certain que le roi serait contraint d'abandonner sa capitale; Garibaldi ne s'y arrêterait pas, et continuerait sa marche sur Rome ; le « héros » l'annonçait à tout venant, ajoutant qu'il porterait ensuite ses milices sur Venise et sur Nice2. Il n'irait certes point jusque-là; devant la Ville Éternelle, il aurait à combattre l'armée pontificale, réorganisée par Lamoricière, grossie des troupes françaises. Vaincu, sa défaite serait celle du parti nationaliste tout entier, l'effondrement de l'unité italienne en construction ; et si l'armée régulière de l'Italie septentrionale intervenait en sa faveur, contre le pape, un toile d'indignation se soulèverait dans les cours du Nord, à Paris, à Madrid ; Napoléon interviendrait à son tour, non par de vagues conseils, mais par la force de sa puissante armée ; les Sardes devraient s'arrêter net et ainsi s'accomplirait la prédiction de Mazzini que Cavour n'était point capable de faire l'Italie.

En cette « heure angoissante3 », une idée se formait dans l'imagination créatrice de Cavour, un dessein audacieux et révolutionnaire : devancer Garibaldi en prenant l'initiative de l'invasion dans les États pontificaux, unir la monarchie séculaire de la maison de Savoie à la révolution sous prétexte

1. Ricasoli transigea avec Nicotera et envoya ses troupes en Sicile d'où elles passèrent en Galabre.

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