‹ Cavour et l'unité Italienne (volume 3)Chapitre 266 sur 347 · Masi, Risorgimento, II · texte numérisé non relu

Masi, Risorgimento, II

de dompter l'anarchie mazzinienne, et attaquer le pape pour le réduire au patrimoine de saint Pierre. Victor-Emmanuel, avec son caractère « consciemment audacieux et sans préjugés » l, était facile à rallier à un projet dont le ministre ne pouvait dissimuler les périls ; car il s'agissait de porter au Souverain Pontife un coup qui indignerait ses fidèles dans toutes les nations catholiques et jusqu'au sein du royaume sarde ; de dégarnir la frontière autrichienne en s'exposant à une guerre de revanche ; de tourner l'armée française pour combattre le njyaume de Naples, protégé par la Russie ; de risquer tout, dans une partie qui déciderait de la ruine ou du triomphe de l'idée italienne.

Dans l'âme de Cavour ce grandiose projet ne se forma que lentement, mûri par son génie. Au milieu de juillet, il prévoit comme possible « une insurrection sur plusieurs points des Marches et de l'Qmbrie. Que faire si elle éclate?... De ma vie je n'ai été dans un tel embarras" ». Ouvertement, il déclare : « Plus que jamais il est nécessaire d'empêcher un mouvement dans les Etats du pape3 ». Mais à ses intimes, il ajoute : « Il n'y a qu'un moyen de ne pas nous laisser déborder par Garibaldi : c'est de lutter de hardiesse avec lui et de ne pas lui laisser le monopole de l'idée unitaire, qui exerce maintenant, sur les masses populaires, une fascination irrésistible. Certes, je ne me cache pas les dangers de cette situation ; mais les événements sont plus forts que les hommes1. » Au début d'août, sa décision est prise, mais partiellement, et il l'expose dans deux lettres à Nigra : point de mouvement intempestif dans les États romains, mais

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