‹ Cavour et l'unité Italienne (volume 3)Chapitre 278 sur 347 · Gazette officielle du 11 septembre au soir · texte numérisé non relu

Gazette officielle du 11 septembre au soir

2. La date en avait été fixée dès le 3 septembre: Cavour à Persano, 3 septembre 1860.

:>. Palamenghi Crispi. Cavour, Fanti e la campagna délie Marche e délia ■ mbvia nel 186Q, dans II Risorgimenlo italiano, t. VII (1914). p. 254 et suiv.

tomber en combattant. L'idée italienne ne périra point. Je n'ai pas besoin de vous dire d'ailleurs que si vous envoyez des troupes dans les Marches et l'Ombrie, les nôtres se retireront1. » Paroles habiles, car elles mettaient la France en demeure de se prononcer : ou contraindre les Sardes, ou accepter la nouvelle Italie ; paroles fortes, « entre deux périls égaux, je préfère tomber en combattant ».

À ces hères déclarations, le gouvernement impérial ne pouvait faire qu'une réponse : le lendemain, Napoléon décida que le baron de Talleyrand quitterait Turin « en signe de désapprobation, mais non de rupture complète2 ». M. de Rayneval restait « chargé des affaires pour l'expédition des travaux de la chancellerie et la surveillance des intérêts de nos nationaux3 ». Le baron de Talleyrand, qui s'était rendu à Nice auprès de l'empereur, revint à Turin pour faire ses visites d'adieux et donner plus de solennité à un départ que personne ne prit au tragique. « C'est une feinte », disait-on en Angleterre*. « Cela n'a rien de très sérieux », ironisait-on dans le corps diplomatique5. « Il n'y a personne qui ne soit entièrement convaincu de notre complicité avec les Piémontais », écrivait douloureusement le duc de Gramont6. Comment eût-on cru à une rupture sincère, alors qu'on voyait « papa Camillo » se promener dans les rues de Turin avec le

1. Talleyrand à Thouvenel, 11 septembre IStiO, 2 h. 15 soir. Court extrait au Livre jaune ,p. 162.

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