Livre bleu anglais, 1860, VII, p
3. Thouvenel à Rayneval, 27 septembre 1860. Cf. dans le tome II de Thouvenel, Le Secret de l'Empereur, la nombreuse et stérile correspondance échangée entre le ministre et son ambassadeur à Rome.
i. Rayneval à Thouvenel, 30 septembre 1860.
5. Note du cabinet de Turin, 4 octobre 1860, remise à M. Thouvenel, 6 octobre.
invitait à se tenir tranquilles... provisoirement, tandis que les négociations diplomatiques se prolongeaient interminablement; dans l'intimité, Cavourse montrait « fatigué des conseils réitérés du gouvernement de l'empereur», et s'arrangeait de manière que le chargé d'affaires français ne l'ignorât point l. Dès le début de l'expédition, une très grave question s'était posée : le pape resterait-il à Rome? ses États envahis, ne quitterait-il point la Ville avant même qu'elle fût menacée par l'armée ennemie"? Pie IX avait déclaré que si l'empereur tolérait la présence des Piémontais dans les Marches et l'Ombrie, et le restreignait à Rome et à son jardin, il s'embarquerait à Civila Vecchia ets'en irait, àTrieste probablement ; et il avait ajouté vivement devant le général de Goyon : « Gomment voulez-vous que je laisse croire à la catholicité que je suis la dupe de cette politique tortueuse? J'en deviendrais complice3 ». Il était encouragé par les représentants de l'Autriche et de la Prusse, et vers la fin du mois de septembre, on tenait pour prochain son exil volontaire. Ce départ eût été pour la monarchie sarde d'une rare fortune, car elle n'eût point manqué d'entrer dans Rome pour y maintenir l'ordre; Xigra, qui reflétait la pensée cavourienne, ne dissimulait point à Paris son vif désir de cette éventualité, et le cabinet anglais, grand protecteur du Piémont, ne cachait pas qu'un « mouvement habilement calculé qui déterminerait le pape à quitter Rome », ferait plus pour l'unité italienne que les victoires des troupes piémontaises. Mais c'eût été un coup droit à la politique, au prestige de la France : M. Thouvenel protesta