‹ Cavour et l'unité Italienne (volume 3)Chapitre 284 sur 347 · Gramont à Thouvenel, 19 et 20 septembre · texte numérisé non relu

Gramont à Thouvenel, 19 et 20 septembre

contre « une faute irréparable. Le pouvoir spirituel du Saint- Père n'est entravé d'aucune façon. Il n'a pas canoniquement le droit de quitter la chaire de saint Pierre1. » Le pape demeura.

Cependant la citadelle d'Ancône n'avait pu résister longtemps : la double attaque du général Gialdini, par la terre, de l'amiral Persano, par la mer, Pavait réduite à capitulation le 29 septembre ; ainsi les deux provinces convoitées étaient entièrement entre les mains de leurs conquérants. Cavour ne perdit point de temps dans ses congratulations, qui furent chaleureuses, et de suite, il prépara une nouvelle et audacieuse avance de l'armée sarde. La marche sur Naples était indispensable, car l'attitude de Garibaldi devenait, on le verra, chaque jour plus inquiétante, et, pourCavourpersonnellement, un sujet déplus lourds soucis. Dès le 21 septembre, Cavour prévoyant comme prochaine la prise d'Ancône, écrivait au général Fanti qu'il fallait se préoccuper de l'expédition sur Naples. « Soit que Garibaldi se montre déférent aux volontés du roi, soit qu'il jette le masque et se mette en opposition avec le roi, il est nécessaire que le roi aille à Naples, et y aille avec trois divisions au moins2. » Et le 2 octobre, dans sa lettre même de félicitations au général victorieux, tout en prévoyant des complications possibles sur la frontière autrichienne, il insistait sur la nécessité d'une prompte intervention dans le royaume de Naples3.

A la fin de septembre, le roi partit donc, pour « une absence devant se prolonger pendant des semaines et peutêtre des mois1 », laissant la régence au prince de Carignan, et, en réalité, le gouvernement au seul Cavour. Le 4 octobre,

i. Thouvenel à Gramont, 23 septembre 1860.

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