‹ Cavour et l'unité Italienne (volume 3)Chapitre 285 sur 347 · Cavour au prince de Carignan, 27 septembre · texte numérisé non relu

Cavour au prince de Carignan, 27 septembre

il adressait d'Ancône à ses troupes un vibrant ordre du jour, danslestyle deNapoléon : «Soldats ! jesuiscontent de vous, car vous êtes dignes de l'Italie. Par les armes, vous avez vaincu vos ennemis, par votre attitude les calomniateurs du nom italien. » Trois jours après, il lançait une proclamation aux Napolitains, leur annonçant la délivrance. Et, à la tête de son armée, il partait pour traverser les Apennins et marcher sur Naples. Pendant que de nouveaux événements se préparaient dans l'Italie méridionale, le gouvernement de Turin organisait ses deux nouvelles provinces; les mesures administratives avaient été soigneusement préparées par Cavour lui-même, et elles étaient appliquées avec intelligence, au fur et à mesure qu'avançait l'armée sarde, par les deux commissaires royaux, Pepoli en Ombrie, Valerio dans les Marches; tous deux commencèrent par publier les lois les plus importantes de la Sardaigne, « afin de préparer, acheminer, hâter1 » l'union avec le royaume. De résistance, point : cette union était tenue de tous pour un fait accompli; sans doute, les évêques protestèrent, avec un respectable loyalisme envers le Souverain Pontife, contre cette « usurpation des droits du Saint-Siège » ; Cavour se contenta de faire reconduire à Rome, via Turin, le plus bouillant de tous, cardinal de Angelis, archevêque de Formio2. Nul doute ne pouvait exister sur le résultat du plébiscite, que les agents du roi préparèrent diligemment, conformément aux instructions du premier ministre3. Les 4 et 5 novembre, les populations des Marches et de l'Ombrie déclarèrent, à d'écrasantes majorités3, leur intention d'entrer

i. Bersezio, Il regno di Vittorio-Emanuele II, t. VII, p. 473.

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