Cavour à Pepoli el â Valerio, 18 octobre
3. Dans les Marches, il y eut 133.000 voix pour lannexion et 1.200 contre; en Ombrie, 97.000 pour et 380 contre.
dans l'unité italienne sous la monarchie constitutionnelle de la maison de Savoie.
A cette date, le Napolitain s'était déjà donné à Victor- Emmanuel.
A son arrivée à ÎXaples, Garibaldi avait paru enclin à préparer simplement, modestement, les voies de Victor-Emmanuel : il avait décrété que « tous les bâtiments de guerre et de commerce appartenant à l'État des Deux-Siciles, sont réunis à l'escadre du roi d'Italie » ; il avait dissous un comité ma2zinien qui s'était déjà constitué en organe de gouvernement ; il avait composé une façon de ministère, avec des hommes modérés (outre l'inévitable Liborio Romano), et promulgué certaines lois essentielles du Piémont. Ce qu'apprenant, Cavour se déclarait « enchanté de la tournure qu'ont prise les affaires à ÏVaples1 ». Malgré tant de divergences et de frictions, il ne désespérait pas de se réconcilier avec le Héros et comptait entrer à Xaples avec le roi.
Il dut bien vite déchanter : Mazzini était accouru en toute hâte à Naples, et, par l'intermédiaire d'un de ses fidèles, Bertani, avait pris sur le général un incontestable ascendant2. Garibaldi était le plus vaillant des soldats et le plus noble cœur, mais en politique, il était influençable, passionné, ne tenant aucun compte /les réalités. De bons amis versaient dans son cœur « le fiel et le vinaigre3 ». Sa fortune l'avait grisé : pour avoir battu en quelques semaines les troupes
1. Cavour à Yillamarina (à Naples), 10 septembre 1860. Cpr. Trevelyan, Garibaldi and the making of ltaly, p. 188.
2. Mario, Bertani, II, p. 195 et suiv. Cpr. Luzio, Una scorsa ail archivio Bertani, dans Garibaldi, etc., p. 196.