Cavour à Fanti, 17 septembre
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à Victor-Emmanuel par Pallavicino cet ultimatum1 : « Choisissez Cavour ou Garibaldi2 ». Le roi avait arrêté déjà sa résolution : il refusa « d'envoyer le ministère au diable 3 » .
Cavour prit alors une décision prudente et constitutionnelle : il obtint du monarque la convocation du Parlement; sage décision : le cabinet était contesté, et par celui-là même qui devait donner un nouveau royaume au souverain de Sardaigne; mais nul général, quelle que soit l'ampleur de ses victoires et de ses services, ne peut exiger le renvoi d'un cabinet qui a la confiance des mandataires du peuple ; ceux-ci doivent se prononcer et Cavour résolut de les consulter : le premier ministre exposerait sa politique aux Chambres ; si celles-ci l'approuvaient, Garibaldi devrait céder. Le 16 septembre, le Parlement fut convoqué pour le 2 octobre. C'était là de la grande politique parlementaire, et de la plus belle, que Cavour exposait avec son habituelle simplicité. « Nous parlerons avec franchise au Parlement. Nous lui demanderons un vote de confiance. S'il nous l'accorde, nous irons rétablir l'ordre à Xaples et à Palerme. Le pays et l'armée sont avec nous. Soyons sans inquiétude4. »
En même temps, il prenait ses précautions, à Naples où il recommandait à Villamarina que « nos troupes ne fussent point compromises5 », à Gènes où l'on pouvait redouter un coup de main garibaldien ou mazzinien6, puis au corps expé-
1. Cavour à Nigra, 24 septembre; à Villamarina, 29 septembre 1860. Garibaldi demandait que Pallavicino fût délégué à Naples comme prodictateur : le roi y consentit.
2. Pallavicino à Cavour, septembre 1860, dans Bianchi, La politique du comte de Cavour, p. 384, n. 1.