Minghetti, Miei Ricordi, III, p
2. F. Guardione. La Socielà Xazionale in Sicilia del 1856 al 1S00, dans la Revue // Risorqimento, 1912, p. 898.
3. La Farina à Bartolomeo, 25 avril ISoS. Epistolario, t. II, lettre 339.
« furieux adversaire ». car il sentait en elle une force rivale à la sienne, hostile à ses idées, ralliée à la monarchie, et favorable à Cavour, son ennemi. Et même en Piémont, sur lequel on fondait le plus d'espérances, elle excitait des inquiétudes et des méfiances qui suscitèrent à son sujet comme une conspiration du silence1. Mais, là encore, elle finit par rallier tous ceux qui mettaient l'intérêt national au-dessus des intérêts locaux, et au petit Piémont préféraient la patrie italienne.
Ainsi pendant deux années, elle mena un travail persévérant, une action sûre et forte. Quoiqu'on l'ait nié ', son influence fut considérable sur les événements de 1859 et 18G0 3 : elle relia les divers groupements jusqu'alors épars et sans force dans leur isolement ; elle gagna à la maison de Savoie les indécis, les partisans du fédéralisme, les adversaires jusqu'alors entraînés par la flamme de Mazzini ; à cette masse, elle donna une méthode, un but, un regard communs ; enfin elle prépara les états-majors qui prirent dans chaque ville, deux ans après, la direction d'un mouvement qui abattit empereur, roi, pape et princes.
Depuis le Congrès de Paris, la politique extérieure du Piémont avait commandé — sauf envers le cabinet de Vienne, — « une grande prudence et une grande réserve * ». Deux préoccupations la dominaient : créer en Europe une ambiance