‹ Cavour et l'unité Italienne (volume 3)Chapitre 30 sur 347 · Cavour à E. d'Azeglio, 25 octobre · texte numérisé non relu

Cavour à E. d'Azeglio, 25 octobre

hostile à l'Autriche et aux princes, ses satellites, en mettant à vif l'ambition de l'une, le monstrueux égoïsme des autres; — maintenir, fortifier l'alliance avec la France pour amener l'empereur à une intervention armée en Italie. Dans le jeu des rivalités entre les grandes puissances, la partie était difficile : le cabinet de Turin, écrivait le ministre de France, a surtout la pensée « de ne blesser aucun de ses alliés, le comte de Cavour ne veut se brouiller avec personne1».

Peu de mois après la séparation des plénipotentiaires à Paris, une délicate question s'était soulevée sur la délimitation des frontières en Bessarabie ; le traité de Paris avait disposé que cette ligne passerait au sud de Bolgrad, mais il était deux Bolgrad, Bolgrad Tabak et Bolgrad tout court; lequel des deux était celui visé au traité ? c'était bien là une question de nature à vider les encriers des chancelleries, car rien qu'à la poser, les lettres se multipliaient entre les diplomates \ La Russie adoptait naturellement la version qui lui donnait la part la plus large, et l'Angleterre, non moins naturellement, prenait l'explication qui réduirait, fût-ce de quelques centaines d'ares, le territoire de son adversaire. Napoléon hésitait et Cavour était décidé à ne point froisser l'empereur, quel que fût l'avis de cette indispensable Majesté.

Bien entendu, on en vint au remède du temps, la réunion d'une conférence : mais là encore que de difficultés ! qui en ferait partie ? comment la question serait-elle posée ? comment y voterait-on? On prit une résolution assez comique mais assez sage, de ne s'asseoir autour du tapis vert qu'après

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