‹ Cavour et l'unité Italienne (volume 3)Chapitre 290 sur 347 · Masi, Risorgimento, t. II, p · texte numérisé non relu

Masi, Risorgimento, t. II, p

4. Cavour à Farini, 3 octobre; à Villamarina, 17 octobre 1860.

et cela autant pour faire face aux bourboniens que pour faire pièce à Garibaldi, « devenu son plus féroce ennemi1 »; il demandait instamment à Victor-Emmanuel de dépêcher Cialdini à Naples avec une division et les pouvoirs de prodictateur2. Il n'aurait lui-même de contentement qu'au jour où son bouillant rival aurait cédé la place au roi.

Cependant une nouvelle crise éclatait à Xaples, née de l'excès même des rivalités entre Garibaldiens : Grispi avait remplacé Bertani comme secrétaire du Dictateur et gouvernait avec cette humeur cassante qu'il conserva jusqu'à la présidence du Conseil des ministres ; il ne voulait pas de l'annexion, parlait de réunir un Parlement napolitain, et les 'nuits les plus fâcheux circulaient sur les conflits éventuels entre les armées sarde et garibaldienne3. Heureusement Garibaldi avait appelé auprès de lui comme prodictateur de Naples *, Georges Pallavicino, dont le patriotisme et le passé révolutionnaire inspiraient confiance même aux plus ardents, mais qui était acquis au dessein de Cavour : l'unité italienne par la monarchie sarde ; c'était un échec pour les mazziniens, qui perdirent leur influence sur Garibaldi; Pallavicino combattit vigoureusement Crispi et les autonomistes, rallia le •nalléable héros aux idées annexionnistes, et parvint à ce succès éclatant : le 8 octobre, un décret convoqua les électeurs des Deux-Siciles à voter en plébiscite les 20 et 21 du même mois sur l'entrée du royaume dans la monarchie constitutionnelle de Victor-Emmanuel. C'était le triomphe de la politique cavourienne.

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