Bolton King, Histoire de l'Unité italienne, II
4. Cf. supra, p. 398, n. 1. Moridini allait peu après en Sicile comme prosateur à la place de Depretis,
Alors que le premier ministre avait au nord des Alpes les plus graves soucis, le Parlement s'était réuni à Turin le 2 octobre, et, immédiatement, Cavour se sentit en harmonie avec les deux Chambres : il y trouva pendant ce terrible mois d'octobre un réconfort journalier, ne manquant point d'assister, fût-ce quelques instants, aux débats les plus techniques, prenant la parole sur des questions économiques et financières1, puisant sa force dans la représentation nationale. « Je crois, écrivait-il à ce moment, qu'on peut faire avec un Parlement bien des choses qui seraient impossibles à un pouvoir absolu... Un ministère honnête et énergique a tout à gagner aux luttes parlementaires2. » Il avait déposé, dès l'ouverture de la session, le projet de loi sur la réunion, à la monarchie de Victor-Emmanuel, des provinces de l'Italie centrale et méridionale, et la commission était entièrement favorable au texte qui autorisait le gouvernement à annexer, par simple décret, toutes les populations qui le demanderaient au suffrage universel. Mais le premier ministre s'attendait à une discussion « tempétueuse ; Guerrazzi et Ferrari pousseront au scandale3 ».
Il n'y eut point de scandale, mais un triomphe pour le président du Conseil. Le discours qu'il prononça le 11 octobre devint un événement européen, carie premier ministre, à son tour, « jeta le masque », dénonça ses difficultés avec Garibaldi et reconnut les vues du Piémont sur Rome et l'Italie unie. Les opposants n'avaient point été farouches, Cavour le constate en son début, et il justifie la façon de procéder aux annexions par décrets, contrairement à la manière adoptée