‹ Cavour et l'unité Italienne (volume 3)Chapitre 293 sur 347 · Cavour à Bixio, 18 octobre · texte numérisé non relu

Cavour à Bixio, 18 octobre

exerça une profonde influence dans l'Italie méridionale : à ce moment, Victor-Emmanuel et son armée franchissaient la frontière en traversant le Trento, « passage magnanime qui dépassait en vaillance le passage du Tessin en 1848 l », et marchaient sur Naples : il était temps.

Car la situation ne s'était guère clarifiée dans la capitale du royaume conquis, ni l'harmonie établie au camp des vainqueurs : Pallavicino, aux prises avec des rivalités et des difficultés incessantes, menaçait de sa démission ; Garibaldi flottait entre des opinions contradictoires, et Naples vivait dans une « anarchie bénigne2; « c'est un chaos », écrivait plus tard Victor-Emmanuel3. Cavour avait hâte que l'armée sarde y arrivât, tant il redoutait quelque coup de tête de Garibaldi : il avait beau proposer par des amis communs une réconciliation « qui jetât un voile sur le passé* » ; il n'avait point confiance.

Mais le peuple parla : le plébiscite des 21 et 22 octobre écrasa toutes ces zizanies, car, dans le royaume continental, l'annexion fut réclamée par 1.310.000 voix contre 10.000, et, en Sicile, par 432.000 contre 600. Cavour bondit de joie; le nœud gordien était tranché. « L/Italie exulte du splendide résultat du plébiscite, télégraphiait-il à Pallavicino, qui est dû en grande partie à votre bon sens, à votre fermeté et à votre patriotisme5. » Garibaldi, avec sa nature généreuse, prit son parti d'une solution qui faisait l'unité italienne autre qu'il l'avait rêvée. Le 26 octobre, il se rendait au-devant de Victor- Emmanuel qui avait traversé les Abruzzes pour

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