Cavour à Mancini, à Naples, 27 octobre
5. Cavour à G. Pallavicino, prodictateur à Naples, 24 octobre 1860.
atteindre la Campanie, et près de Teano, le héros populaire saluait le « galantuomo » du titre de « roi d'Italie ».
Ici encore, il était temps. Car un lourd orage s'amassait sur la frontière septentrionale de l'Italie renouvelée.
Depuis l'invasion des provinces pontificales, les relations du Piémont avec les grandes puissances étaient mauvaises, à une exception près. L'Angleterre avait encouragé, soutenu, surexcité les ambitions sardes, et la correspondance de Gavour ne tarissait pas sur les « bonnes dispositions » du cabinet de Londres, sur les tendances « italianissimes » de Palmerston * : mais jusqu'où iraient ces bonnes dispositions, et en cas de guerre avec l'Autriche se transformeraient-elles en l'envoi d'une forte escadre devant Venise et Trieste? la question était douteuse.
Napoléon, revenu d'Algérie, « grognait2 » autant contre le Piémont que contre le Saint-Siège. Si Cavour avait cru que la semi-rupture diplomatique le délivrerait des aigres communications de M. Thouvenel, il s'était singulièrement mépris, car après avoir protesté contre l'occupation de Yiterbe et d'Orvieto, contre « la sorte de blocus » imposé aux troupes françaises à Rome, le ministre du quai d'Orsay télégraphiait à son représentant, le 2 octobre : « L'empereur désire que M. de Gavour fasse savoir au roi Victor- Emmanuel, le plus tôt possible, que si les troupes sardes attaquent les troupes restées fidèles au roi de Naples et entreprennent le siège de Gaëte ou de Capoue, Sa Majesté ne se croira plus en position de faire respecter le principe de nonintervention par les autres puissances3 ». M. de Rayneval,
1. Cpr. Signoretti, La politica inglese, etc., loc. cit. Cavour au roi. 10 et 25 octobre; à Marliani, 30 octobre; à La Marmora, 2 novembre, etc.