‹ Cavour et l'unité Italienne (volume 3)Chapitre 295 sur 347 · Thouvenel à Rayneval, 2 octobre · texte numérisé non relu

Thouvenel à Rayneval, 2 octobre

qui fit la communication, ne dissimula point à son chef que « M. de Cavour dans ses entretiens avec ses confidents, se montrait fatigué des conseils réitérés du gouvernement de l'empereur ' ». Et, en effet, la réponse du cabinet sarde fut sèche : « Sa Majesté se réserve de prendre des mesures pour combattre la démagogie et seconder les vœux légitimes des populations 2 ». Mais il fallait éviter de froisser la susceptibilité du puissant ami, car son concours deviendrait peut-être encore nécessaire, et le premier ministre de Sardaigne multipliait d'autant plus les appels « à la France généreuse », qu'il savait sa politique audacieuse contestée à Paris par les plus fidèles partisans de la « cause italienne », comme le Dr Conneau 3.

Que le ministre d'Espagne protestât, « par acquit de conscience » \ cela n'avait rien que de naturel, tant étaient étroits les liens des Bourbons de Naples et d'Espagne ; et lorsque les troupes sardes envahirent le royaume napolitain, la cour de Madrid ne pouvait que rappeler de Turin son représentant : encore y mit-elle une sage lenteur. La Russie avait été plus brusque : le 19 octobre Gortschakofî avait rappelé sa légation entière et il en avait avisé le gouvernement sarde en termes désagréables. « L'empereur de Russie est très irrité, écrivait Cavour à son souverain, ses paroles sont dures et menaçantes5. » Et cette attitude était inquiétante au moment où se préparait une entrevue à Varsovie des monarques du Nord. Heureusement la politique de la Prusse était différente :

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