‹ Cavour et l'unité Italienne (volume 3)Chapitre 296 sur 347 · Cavour au roi, 10 octobre · texte numérisé non relu

Cavour au roi, 10 octobre

5. Cavour à Victor-Emmanuel, 23 octobre ; cpr. à James Hudson, 18, 22 octobre 1860.

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Brassier Saint-Simon, son représentant, avait aussi protesté, mais pour la forme, et la note prussienne sur la violation de la politique de non-intervention par l'entrée de Victor-Emmanuel dans le royaume de Naples, ne paraissait point dénuée de quelque joyeuse ironie : car, envahir c'est, évidemment, intervenir; mais le ministre prussien restait, à Turin, seul des représentants des grandes puissances, et Ton remarquait dans le grand discours du 11 octobre les paroles de Cavour sur « la noble Allemagne {bravo!) où les idées libérales acquièrent d'année en année, de jour en jour, plus de pouvoir. Je crois que le temps n'est pas loin où la plus grande partie de l'Allemagne témoignera qu'elle ne veut plus être la complice du supplice de Venise. » Le libéralisme ne faisait pas de progrès, dans le gouvernement prussien du moins, mais le sentiment d'indépendance envers l'Autriche, la volonté de quelques hommes d'État, Bismarck, Roon, Manteuffel, d'évincer de l'Allemagne le gouvernement autrichien, et l'invite si nette de Cavour, était une première constatation d'intérêts communs et d'ambitions égales des deux royaumes, une géniale préparation à la politique réalisée cinq ans après l.

L'Autriche paraissait préparer un traître coup dans le dos du royaume sarde ; l'accumulation des troupes dans le quadrilatère, l'occupation de postes sur l'extrême frontière ne laissaient guère de doute sur une brusque invasion, rendue facile par l'absence du roi Victor-Emmanuel, l'éloignement de la majeure partie de l'armée piémontaise qui s'enfonçait dans le royaume de Xaples; dès le mois d'août, Cavour avait prévu ce péril : « L'Autriche se prépare à la guerre, écrivait-il, et peut-être pense à en prendre l'initiative2 ». Le 15 octobre, il croyait prochain un « coup de tête de l'empereur

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