Cpr. Benedek' s Nachgelassene Papiere, p. 276 et suiv
Hongrois ». Et il ajoutait cette courte phrase, où se mesure toute sa patriotique angoisse : « Le temps des grandes mesures est arrivé » .
Mais à Varsovie, François-Joseph échoua : le prince Guillaume de Prusse n'entendait point encourager une aventure où son pays n'avait rien à gagner, beaucoup à perdre; l'empereur Alexandre avait souvenir de la politique astucieuse et hypocrite de l'Autriche, qui, cinq années auparavant, lui avait refusé secours dans son péril et avait tourné à ses ennemis ; dès le mois de septembre, il avait déclaré à l'ambassadeur de France qu'il allait à Varsovie « pour faire de la conciliation, non de la coalition1 » ; surtout, l'empereur des Français intervint avec décision : il avait morigéné le Piémont, retiré son ministre de Turin, mais pour laisser faire ; il ne voulait ni que fût compromise l'œuvre de Villafranca, ni que fût arrêté un mouvement national auquel il était sincèrement favorable et qu'il encourageait secrètement. Le marquis de Moustier, ambassadeur de France à Vienne, demanda des explications sur les armements autrichiens en Italie, et avec une politesse si précise, si catégorique, que la Hofburg comprit : si l'Autriche attaquait sur le Pô, la guerre recommencerait comme en 1859, dans des conditions plus désastreuses encore pour l'Autriche. François-Joseph recula.
A la fin d'octobre, Cavour pouvait écrire que « grâce au ciel et à l'attitude résolue de la France », le péril était conjuré pour le moment"; après quelques journées encore fiévreuses, il mandait à son roi qu'on pouvait être « tranquille du côté de l'Autriche3 ».
A ce moment, au lendemain du plébiscite, Victor-Emmanuel