‹ Cavour et l'unité Italienne (volume 3)Chapitre 299 sur 347 · Cavour à Victor-Emmanuel, 2 novembre · texte numérisé non relu

Cavour à Victor-Emmanuel, 2 novembre

imposait sa souveraineté dans le royaume de Naples — fors Gaëte où le roi François se préparait à une fière résistance1. Garibaldi se soumettait à toutes les volontés de son maître; les « chemises rouges » se dispersaient, la plupart entrant à titre individuel dans un corps spécial de l'armée italienne; Farini était nommé lieutenant général du roi à Naples2; Capoue était réduite le 2 novembre; les soldats napolitains se réfugiaient sur le territoire romain3. Enfin le 7 novembre, jour de gloire, Victor-Emmanuel faisait, son entrée dans Xaples, à côté de Garibaldi. Et le lendemain le héros — jamais il ne fut plus grand — ayant remis au roi les résultats du plébiscite, refusa toutes offres, quoique « magnifiques » v, et se retira dans son îlot de Gaprera, dans ses rocs et ses pins, seul.

Cavour n'accompagnait point son roi dans la journée triomphale de Naples, comme il avait fait à Milan, à Florence, à Bologne : il se disait retenu à Turin par les nécessités de la politique5, peut-être aussi ne voulait-il pas risquer un douloureux conflit avec Garibaldi. L'histoire le remet à sa place, car il a été le principal artisan de ce grand œuvre : il a tout conduit à Turin, ministre des Affaires étrangères, de la

1. Le veto opposé par le gouvernement français au blocus par mer (inf'ra, p. 4iô), ne pouvait guère que prolonger la résistance.

2. Décret du 6 novembre 1860 ; dès le 26 septembre, Farini était désigné pour remplir ces fonctions. Minghetti le remplaça au ministère de l'Intérieur. Cavour â Ricasoli, ior novembre 1860.

3. « C'est un surcroît d'embarras que le roi François II aurait pu épargner au pape et à nous-mêmes en prenant enfin le parti de quitter Gaëte», écrivait, le 6 novembre, le duc de Gramont à M. Thouvenel.

4. Cavour à E. d'Azeglio, 16 novembre 1860. Garibaldi eût désiré conserver la lieutenance du royaume des Deux-Siciles pendant une année; le roi refusa, ne voulant pas subir l'empire de Garibaldi et surtout de son entourage. Cavour à E. d'Azeglio, 16 novembre 1860.

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