‹ Cavour et l'unité Italienne (volume 3)Chapitre 300 sur 347 · Rayneval à Thouvenel, 26 octobre · texte numérisé non relu

Rayneval à Thouvenel, 26 octobre

Marine, de la Guerre pour Fanti aux armées, de l'Intérieur pour Farini auprès du roi; de jour et de nuit, il a tout facilité au loin, tantôt poussant, tantôt retenant; sans doute, merveilleusement aidé par l'audace de Garibaldi, le bon sens du roi, l'enthousiasme de la nation; mais trouvant à des difficultés sans cesse renouvelées des solutions tantôt d'une sagesse éprouvée et tantôt d'une audace endiablée; créant le désordre pour que surgisse un ordre nouveau; poussant les uns, trompant les autres; séduisant ceux-ci, violentant ceux-là; diplomate astucieux, parlementaire loyal et entraînant; jamais découragé, toujours sur la brèche; dans la même heure, nerveux et calme, tout ensemble tendu et souriant; maître de lui-même comme des autres; forçant la fortune.

I. Naples et Gaëte. — Facile fusion de l'Ombrie dans le nouveau royaume. — Les difficultés dans l'ex-royaume de Naples : un état anarchique. Le siège de Gaëte; résistance du roi François II; vaines négociations avec le gouvernement français. Projets de réorganisation. — Victor-Emmanuel en Sicile; son retour à Turin. — Envoi à Naples du prince de Garignan et de Nigra. La flotte française quitte les eaux napolitaines. Reddition de Gaëte. Les dernières résistances vaincues.

II. Proclamation du royaume d'Italie. — Les élections et la réunion du Parlement italien; le discours du trône. — Rattazzi, président de la Chambre. — Victor-Emmanuel II proclamé roi d'Italie. — Modifications dans le cabinet.

III. La question romaine. — Les deux absentes : Venise; impossibilité d'une guerre de délivrance; une question toujours ouverte. — Rome. Les relations de l'Eglise et de l'Etat et les pensées de Cavour; sa solution et sa formule. La question de Rome; idées maîtresses du ministre. — Le Dr Pantaleoni et le P. Passaglia; remise au cardinal Santucci d'un mémorandum sur la question romaine. Illusions de Pantaleoni; hésitation du Vatican; Passaglia à Turin; projet de convention. — Napoléon III averti. — Retour de Passaglia à Rome; imbroglio et intrigues ; l'expulsion de Pantaleoni : fin des tractations.

IV. La formule de Cavour ; l'Eglise libre dans l'Etat libre. — Nouvelle brochure de La Guéronnière; discours du prince Napoléon; opuscule d'Azeglio. — L'interpellation Audinot et les discours des 25-27 mars. TJltima verba. L'ordre du jour et l'impression en Italie.

V. Luttes intérieures. — Les troubles dans le Napolitain et la présence de François II à Rome. Changement de régime à Naples. Préoccupations de Cavour. — Les affaires de l'armée garibaldienne. Arrivée de Garibaldi à Turin; ses paroles malheureuses; inquiétude du premier ministre; interpellation Ricasoli. Garibaldi à la Chambre ; ses furibondes attaques, une séance mouvementée; effort de Cavour pour se dominer.

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Incidents et réconciliation apparente: un souvenir douloureux. — La réforme administrative.

VI. Les dernières négociations. — La reconnaissance du royaume d'Italie. Sympathies et antipathies. — L'attitude du gouvernement français. Le projet de Napoléon et l'adhésion de Cavour. Les embarras de Thouvenel. Les espérances de Cavour. La lettre royale du 27 mai 1861. L'attente dans le délire. — La reconnaissance posthume.

VIL La mort de Cavour. —Une vie épuisante : Les premiers avertissements. La journée du 29 mai : un malaise soudain. La maladie s'aggrave. Dernières visites : le P. Jacques, le Roi. Dernières paroles dans le délire. Le 6 juin 1861.

Il s'agissait de fondre le royaume et les deux provinces si promptement conquis, dans un État lui-même de formation récente et de composition diverse. « Établir l'harmonie entre le Nord et le Sud, déclarait Cavour, est plus difficile que de lutter contre l'Autriche ou de se battre avec Rome. »

En Ombrie et dans les Marches, la tâche ne fut point malaisée, tant la population s'y prêta volontiers, ne faisant d'ailleurs que suivre joyeusement l'exemple donné par les frères et voisins des Légations. Un décret du 24 décembre déclara les deux provinces « partie intégrante de l'État italien » et les lois du royaume sarde y furent introduites, même les plus récentes, d'esprit moderne, sans soulever de protestations, sauf dans les milieux cléricaux. Et Cavour pouvait déclarer à la Chambre italienne avec une légitime fierté : « A peine délivrée du pouvoir pontifical, l'Ombriefut entièrement évacuée par nos troupes... Eh bien, l'Ombrie ne donna pas un signe de regret au pouvoir disparu..., elle jouit d'une paix parfaite, ne fut troublée par aucune réaction1 ». Quelques difficultés vinrent de l'exté-

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