Gramont à Walewski, 16 novembre 8 décembre
2. Cavour à E. d'Azeglio, 13 novembre, 5 décembre; Palmerston à E. d'Azeglio, 12 décembre; Gramont à Walewski, 16 novembre, 1er décembre 1856, etc.
avoir déterminé le rôle et même le vote de chacun des préopinants. Cavour eût volontiers donné raison à la Russie, pour développer la sympathie naissante de Pétersbourg envers Turin..., mais il estimait qu'en droit s'imposait la solution favorable à l'Angleterre1..., mais il ne voulait point vexer la Russie..., mais il désirait avant toutes choses savoir les intentions de Napoléon III. L'empereur se décida enfin à les faire connaître à Villamarina, ministre de Sardaigne, dans une conversation intime à Compiègne, et, semble-t-il, à l'insu de Walewski2 : le Piémont voterait pour l'Angleterre, mais en conseillant à celle-ci de céder sur quelques arpents. Ainsi fut-il fait; la conférence se réunit à la fin de décembre, et, au début de janvier, sans heurts, on fixa définitivement la frontière litigieuse.
Ce n'était pas fini avec les questions d'Orient, et d'autres difficultés étaient soulevées dont on ne peut donner le détail ici : dans l'automne de 1856, la propriété de l'île des Serpents; au début de 1857, le régime des principautés moldovalaques : vivraient-elles séparées? formeraient-elles au contraire un seul État, malgré l'Autriche qui redoutait la naissance à son orient d'un nouveau Piémont? Cavour préférait (naturellement) la seconde combinaison, qui fut adoptée. Surtout il tenait essentiellement à donner satisfaction à Napoléon III, et à ce propos encore, le duc de Gramont écrivait à son ministre : « Le Piémont est fermement résolu à suivre en tous points la marche tracée par la France ; il ne s'en séparera ni dans les grandes ni dans les petites questions3 ».