‹ Cavour et l'unité Italienne (volume 3)Chapitre 301 sur 347 · Cavour à la Chambre des députés, 25 mars · texte numérisé non relu

Cavour à la Chambre des députés, 25 mars

rieur : conflits avec les troupes françaises d'occupation, dus à Tincertitude de la frontière du Latium, entraînant une abondante correspondance diplomatique1, apaisés par de réciproques concessions ; protestation du cabinet de Paris contre des mesures prises envers des sujets ou protégés français, notamment des religieux lazaristes que Gavour fit maintenir en possession de leurs couvents2. Mais tout ceci n'était qu'affaires courantes.

Dans l'ancien royaume deNaples, au contraire, la situation était grave. Un demi-siècle de despotisme, six mois de révolution, l'effondrement d'un régime abhorré, la défaillance de toute autorité avaient livré le malheureux État à une « anarchie inouïe ». Corruption dans les sphères gouvernementales et quel que fût le gouvernement", agissements des sociétés secrètes, de la Camorra surtout qui tantôt faisait la police et tantôt l'assommait ', conspirations des « bourboniens » s'efforçant de rétablir l'ancien régime, menées du clergé jaloux de conserver ses antiques privilèges, intrigues partout, brigandages se dissimulant sous le titre d'action politique et frappant depuis les montagnes des Calabres jusqu'aux portes des villes, — tel était le malheureux état du pays. Garibaldi n'y avait ni su, ni pu apporter aucun remède; ses partisans se disputaient avec les militaires et fonctionnaires sardes; le parti mazzinien, — « très puissant » d'après Victor-Emmanuel, — s'agitait, criant « abbasso quelque chose

1. Cavour à Gropello, 16 novembre ; au prince Napoléon, 24 novembre; Rayneval à Thouvenel, 24 novembre 186C. Le général de Goyon à l'intendant de Rieti, 21 janvier ; Gramont à Thouvenel, 29 janvier; Thouvenel à Rayneval, 30 janvier ; à Gramont, 3 février ; Cavour à Yimercati, 29 et 31 janvier 1861, etc..

2. Thouvenel à Rayneval, 2ô décembre ; Rayneval à Thouvenel, 22 décembre ; Cavour à Valerio, 28 décembre 1860. Décret du 17 février 1861.

Page 1