De La Gorce, Second Empire, t. III, p
l'inévitable capitulation; le lendemain, François II s'embarquait sur l'aviso français la Mouette et partait pour l'exil où l'envoyaient les fautes de son père et le destin de l'Italie nouvelle. Le drapeau aux fleurs de lys ne flottait plus que sur les forteresses de Messine et de Civitella del Trento, dont les défenseurs refusaient de se rendre, quoi que leur en écrivît leur roi ; au milieu de mars, ils durent à leur tour capituler, avec tristesse, mais non sans gloire.
Ainsi se termina la dernière guerre entre Italiens.
Depuis plusieurs semaines. Gavour avait hâte de convoquer les électeurs, puis le Parlement de « l'Italie totale ». Tel n'était point l'avis du roi, mais le premier ministre insistait : « La réunion du Parlement est notre ancre de salut, télégraphiait-il... Tout retard serait fatal... C'est un point sur lequel il me serait impossible de transiger1. » Pour un corps transformé, il était nécessaire de modifier la loi électorale, puis de procéder à la dissolution de la Chambre élue en mars 1860 ; enfin de convoquer les électeurs et d'engager la campagne. La lutte s'annonçait vive, car il fallait compter avec les résistances provinciales, et, surtout dans 1p Sud, avec les partisans de l'ancien régime comme avec les candidatures garibaldiennes ou mazziniennes ; Cavour s'y lança avec activité, envoyant des avis et des conseils qui ressemblaient singulièrement à des ordres, tant était puissante son autorité personnelle.
Les élections du 21 janvier marquèrent un triomphe de la politique du cabinet : sur 443 députés, il n'y avait que 80 garibaldiens ou mazziniens, de rares cléricaux, l'immense