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Cavour à Cassinis, 15 décembre

422 GAVOUR

majorité était prête à suivre le premier ministre, avec confiance, avec fidélité1. La joie de Cavour fut vive : « Les élections sont excellentes, écrivait-il; des candidats de toutes les oppositions n'ont réuni que la quantité nécessaire pour que la Chambre n'ait pas une couleur exclusive. Tous les partis seront représentés à la Chambre. C'est utile, pour ne pas dire indispensable. » Mais il prévoyait qu'une majorité aussi nombreuse serait disparate, que toute son habileté serait nécessaire pour l'empêcher de se disloquer, et il ajoutait : « Malgré les victoires obtenues, la session sera dure et difficile2 ». Il était trop vieux parlementaire pour ne point prévoir les orages, — qui éclatèrent.

Les deux Chambres se réunirent en séance royale le 18 février : Victor-Emmanuel, acclamé dès son entrée à grands cris d'enthousiasme, ouvrit le premier Parlement italien par un discours du trône3 tout vibrant de reconnaissance et de foi patriotique ; un passage sur les liens unissant la France et l'Italie fut vivement applaudi, mais non moins fortement une phrase sur l'avènement de Guillaume de Prusse, qui avait envoyé un ambassadeur extraordinaire pour notifier son prochain couronnement; les yeux se tournèrent instinctivement vers le général de Bonin, assis dans la tribune diplomatique, comme si l'Assemblée prévoyait une alliance dictée par de communs intérêts4. Au départ du souverain, une même acclamation s'éleva : « Vive le roi d'Italie ».

1. Gavour était réélu dans sa fidèle circonscription deTurin, et, déplus, à Ancône. Il opta pour la première.

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