‹ Cavour et l'unité Italienne (volume 3)Chapitre 311 sur 347 · indeville, Journal d'un diplomate en Italie I, p · texte numérisé non relu

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Cependant le projet sur le titre royal avait été discuté en conseil des ministres et Victor-Emmanuel II avait exigé, par fidélité dynastique, de rester le deuxième de son nom, même dans la nouvelle monarchie ; en conséquence, Cavour déposa au Sénat, le 21 février, ce court texte : « Le roi Victor-Emmanuel assume pour lui et ses successeurs le titre de roi d'Italie ». Le résultat ne pouvait être douteux, et la loi fut votée par 129 voix contre 2 ; de même la Chambre, après un bref discours de Cavour, — modèle de louange concise, — adopta le projet à l'unanimité, le 44 mars, jour même où le roi célébrait l'anniversaire de sa naissance. La proclamation se fit le 23 mars dans une cérémonie très simple, ce qui évitait toutes difficultés de protocole diplomatique ; Cavour prévoyait que, si certaines puissances étaient prêtes à accepter de suite la novation, d'autres seraient plus lentes, et quelques-unes résisteraient1.

Depuis quelques semaines, la monarchie s'était accrue d'un tiers de son territoire ; le Sénat s'était élargi ; les députés provenaient de récentes élections. Seul le cabinet devait-il demeurer sans changement? Cavour ne le crut point. « Le ministère du roi de Sardaigne doit faire place au ministère du roi d'Italie, écrivait-il ; celui-ci aura sans doute le même programme politique dans les grandes questions intérieures et extérieures, sans avoir la responsabilité de la période de transition, aujourd'hui terminée2. » Dès le début de février, il avait désiré appeler au conseil des représentants de la Lombardie, de la Toscane et du Napolitain ; il s'était heurté à des jalousies locales, chacun de ceux qu'il consultait répondant : « Nommez qui vous voulez, pourvu que

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