‹ Cavour et l'unité Italienne (volume 3)Chapitre 313 sur 347 · Rayneval à Thouvenel, 23 mars · texte numérisé non relu

Rayneval à Thouvenel, 23 mars

livournais, pour les Finances ; De Sanctis, professeur napolitain, à l'Instruction publique; Gorsi, sicilien, pour l'Agriculture, l'Industrie et le Commerce ; et Niutta, président de la Cour de cassation de Naples, sans portefeuille. Un diplomate étranger pouvait écrire à juste titre : « M. de Cavour est toujours le maître de la situation. Le Parlement lui est soumis, comme le roi, et il semble se jouer de tous les obstacles1. »

A la couronne de l'Italie restaurée manquaient encore deux fleurons, les plus beaux : Venise et Rome. Leur conquête devait seule terminer l'œuvre du Risorgimento.

Le roi aurait voulu qu'on attaquât d'abord la question vénitienne. « Affaire Rome à mon idée impossible avant que Venise soit à nous2 », télégraphiait-il en décembre à Cavour. Telle n'était pas l'idée du premier ministre : la délivrance de la « perle de l'Adriatique » était pour lui certaine, tôt ou tard ; mais, encore qu'il envisageât la possibilité du rachat de Venise à l'Autriche acculée à la banqueroute3, il tenait pour plus probable une guerre d'indépendance. Or, il ne fallait point songer actuellement à une pareille entreprise : l'armée italienne, fatiguée et désorganisée par deux années de combats, avait besoin d'une refonte générale qui comprît les contingents des nouvelles provinces; le Trésor public était épuisé ; enfin une telle campagne ne se pouvait entreprendre sans alliance, et l'empereur des Français voulait la paix, et

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