‹ Cavour et l'unité Italienne (volume 3)Chapitre 314 sur 347 · Cavour à E. d'Azeglio, 9 décembre · texte numérisé non relu

Cavour à E. d'Azeglio, 9 décembre

l'appui de la Prusse ne pouvait apparaître que comme une lointaine espérance. Le chef du cabinet sarde entendait donc éviter toute provocation belliqueuse : il déclarait aux diplomates étrangers que si Garibaldi voulait traverser la péninsule pour une nouvelle expédition, on l'arrêterait avec toutes les formes du respect; et quand la Hongrie s'agitait, menaçait d'une nouvelle révolte, Cavour faisait prier « Thouvenel et l'empereur d'engager Klapka à empêcher un mouvement prématuré (sic) qui aurait les conséquences les plus fâcheuses1 ». Mais il entendait que la question de Venise restât ouverte, discutée devant l'opinion européenne ; qu'il fût démontré à tous que « jamais le gouvernement autrichien n'arriverait à réconcilier Venise avec la domination étrangère », tant y était forte et tenace la résistance nationale 2, et qu'entre la Hongrie et l'Italie il y avait de telles affinités, que « si une véritable révolution éclatait dans la vallée du Danube, si 100.000 Hongrois se réunissaient pour combattre l'Autriche, il serait difficile de conserver la paix en Italie" » ; enfin, qu'en attendant ce jour heureux, qui marquerait l'heure de la délivrance pour Venise, il n'y avait qu'à préparer ses forces et à entretenir, par d'habiles notes diplomatiques adressées à des tiers, mais destinées à l'Autriche, de ces aigres querelles qui tournent en guerres nationales, pour qui sait les exploiter. La libération de Venise, il y pensait sans cesse et en parlait toujours. Mais l'heure n'était point venue d'agir*.

Page 1