‹ Cavour et l'unité Italienne (volume 3)Chapitre 318 sur 347 · Pantaleoni, L'idea italiana, p · texte numérisé non relu

Pantaleoni, L'idea italiana, p

2. Le texte de ces observations est traduit par M. Charles Benoist, loc. cit., p. 362 et suiv.

italiennes apparaît la formule que Cavour fera sienne. Le document est prêt, qu'il s'agit de faire parvenir au Vicaire du Christ. Or, Pantaleoni est en relations avec un monsignor bien en cour, Franchi, qu'il avait connu nonce à Madrid ' ; il lui parle de son grand dessein, lui demande à qui remettre son mémoire : « Au cardinal Santucci », répond le prélat. Le bon docteur hésite, car il sait qu' « un espion dAntonelli est attaché au flanc du cardinal ». Mais le P. Passaglia voit fréquemment Santucci à la Commission des affaires urgentes ; il le pressent, lui remet le document : l'affaire est lancée.

Cependant Cavour trouve qu'on va trop vite et trop ouvertement : il envoie à Pantaleoni lettres sur télégrammes : « Abstenez- vous. La plus grande prudence est indispensable. Soyez réservé avec tous2. » A sa stupéfaction, le ministre sarde reçoit le 12 janvier un télégramme de son correspondant : le cardinal Santucci a tout dit au pape, lui a montré inévitable la perte du pouvoir temporel, lui a exposé les propositions reçues « amicalement ». « Le pape, continue Pantaleoni, a montré se résigner à tout. On a appelé Antonelli. Il a d'abord fait opposition, mais ensuite il s'est résigné aussi et il a demandé au pape de les relâcher, lui et Santucci, du serment pour traiter du possible abandon du temporel. »

Le crédule docteur avait trop tôt entonné la trompette de la victoire et pris ses désirs pour des réalités : car Pie IX, malade', nerveux, ne voulait ni ne pouvait traiter avec Victor-Emmanuel, qui lui avait subtilisé trois provinces, et le secrétaire d'Etat était bien décidé à ne rien céder du domaine de saint Pierre. Le cardinal Antonelli avait-il quelque raison

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