Il devint cardinal et secrétaire d'Etal
2. Cavour à Teccio, 26 décembre ; à Pantaleoni, 27 décembre 1860.
3. Il s'évanouit quelques semaines plus tard, dans une cérémonie à Saint- Pierre.
personnelle de simuler une acceptation1? Voulait-il plutôt engager la conversation, pour se dégager à son heure et compromettre son adversaire ? En tout cas Pantaleoni et Passaglia se crurent encouragés, d'autant plus que le Père devait avoir audience du cardinal dans peu de jours2 ; on affirmait déjà que plusieurs cardinaux acceptaient les bases du mémorandum : « Les choses, écrivit plus tard Pantaleoni avec mélancolie, semblaient accourir à pleines voiles vers nous3 ».
Il se croyait si près du succès, qu'il désirait que le roi Victor-Emmanuel écrivît directement et personnellement à Pie IX; Cavour, qui demeurait assez sceptique, « inquiet », répondit que « la personne désignée ne peut écrire la lettre qu'on demande que lorsqu'on sera à peu près sûr de se mettre d'accord4 » ; il avait mandé à Rome un « honnête Rosminien (probablement Molinari), afin de contrôler les assertions de Pantaleoni » ; si les dispositions du pape étaient confirmées, le cabinet sarde enverrait quelqu'un pour traiter5. Et, de plus, le premier ministre désirait s'entretenir avec le P. Passaglia qu'il priait de venir à Turin. Les deux Romains acceptèrent avec enthousiasme cette proposiiotn;mais, avant de partir, le Père voulut voir le pape et le cardinal Antonelli, pour leur exposer que son voyage n'avait d'autre objet que d'apporter au ministre sarde ses conseils théologiques : le prétexte ne pouvait tromper personne, et il faut retenir ce fait
1. On a dit, d'après des lettres de Cavour, que celui-ci lui avait fait offrir une grosse somme ; le cardinal passait pour ne point être inaccessible à certains arguments. Masi, II, p. 505.
2. L'audience, qui avait été d'abord fixée au 18 janvier, fut retardée par Antonelli à la fin de janvier.