Cavour à Pantaleoni, 11 février
« de se mettre d'accord avec Rome1 », et Cavour avait prié son délégué ambulant d'assurer à l'empereur « le vrai et sincère désir d'en venir à un accord avec le Saint-Père, pourvu qu'il ne fût pas contraire à l'unification de VItalie avec Rome pour capitale du royaume'2 ». Le ministre sarde, d'ailleurs décidé « à ne rien conclure sans s'être mis au préalable d'accord avec la France », faisait connaître à Napoléon, au jour le jour, les tractations de Rome, et lui communiquait les lettres, instructions et propositions au fur et à mesure de leur rédaction 3. L'empereur prenait le plus vif intérêt à cette tentative et faisait déclarer plusieurs fois par Gonneau qu' « il serait très heureux si cet accord le mettait en mesure de retirer les troupes françaises de Rome* ».
Le P. Passaglia est rentré à Rome, les négociations aboutiront-elles ? En un mois, tout casse, et Pantaleoni va passer du G apitoie à la Roche Tarpéienne. Le voyage de Passaglia s'est ébruité, tout le monde en parle à Rome, et Pantaleoni suppose que la Curie n'est point étrangère à cette indiscrétion. Le cardinal Antonelli a raconté, à sa manière, toute l'affaire au duc de Gramont, qui avait été tenu à dessein dans l'ignorance, et l'ambassadeur s'empresse d'en faire le récit à son ministre, qui n'en ignorait rien5. Cavour envoie ses instructions le 22 février par son « honnête Rosminien », le P. Molinari, à qui le général de son ordre fait savoir de ne point passer à Rome et de pousser jusqu'à Naples : le précieux document n'arrive à destination par cette voie détournée