Cavour à Nigra, 2i février
o. Gramont à Thouvenel, 9 février 1861. Dépèche officielle et lettre particulière.
que vers le 11 mars. Passaglia a sollicité audience du pape, il n'a pu voir que le cardinal Antonelli ; il lui a déclaré que « les propositions du cabinet de Turin étaient concertées avec l'empereur Napoléon qui leur avait donné son approbation1 », ce qui a indigné le secrétaire d'Elat : celui-ci s'en est expliqué avec l'ambassadeur de France, fort embarrassé pour répondre, n'étant point dans le « secret de l'empereur ». Le Journal de Rome a publié une note « démentant l'existence de toutes négociations secrètes entre le gouvernement pontifical et le cabinet de Turin2 ». Le pape est indigné des mesures prises à Naples par Mancini, en Ombrie par Pepoli contre les couvents. D'autres agents secrets interviennent, plus ou moins dépêchés par Gavour, un avocat piémontais, un prêtre et un juriste siciliens, alors que Pantaleoni est d'autant plus suspect à la Curie qu'il est élu en Ombrie député au Parlement de Turin.
Le tout prend physionomie d'un de ces imbroglios qu'un coup de théâtre va brusquement dénouer. Le pauvre Pantaleoni prévoit l'échec et cherche en vain à le retarder ; il a eu une conférence avec Msr Matteucci, gouverneur de Rome, « et cherché à le gagner à notre cause3 »; il a envoyé un « mémoire justificatif » au pape, qui, à le lire, a été pris d'une « colère violente* ». Et, le 15 mars, Mgr Matteucci fait savoir par un ami commun au docteur, tout ému, qu'il va être expulsé de Rome ; Pantaleoni a beau protester qu'il est « chargé par le gouvernement sarde de poursuivre avec le Saint-Siège une négociation approuvée par l'empereur
1. Gramont à Thouvenel, 23 février 1861. Cette dépèche officielle n'est pas dans le Secret de l'Empereur. '