Cavour au prince Napoléon, 17 mars
2. M. d'Azeglio, Questioni urgénti. Pensieri. Florence, mars 1861.
3. .M. d'Azeglio a E. Rendu, 6 el 24 mars : a Minghetti, 8 mars 1861.
4. Artom et blanc, Œuvre parlementaire de Cavour, p. 586 et suiv.; Lelj, Discorsi scelti, p. 256 et suiv.
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lait que le ministre des Affaires étrangères restât prudemment sur la réserve1, qu'il ne fît qu'indiquer l'étoile polaire qui devait guider sa marche, et qu'il se refusât à de plus amples explications ; mais aujourd'hui que cette question a été débattue dans les parlements étrangers, aujourd'hui qu'elle est un sujet de discussion dans tous les pays civilisés, la même conduite ne serait plus de la prudence, mais de la pusillanimité. » Ceci dit, il pose cette affirmation, base de son discours, guide de sa politique : « Rome doit être la capitale de l'Italie... Pourquoi avons-nous le droit, le devoir de réclamer, d'insister pour que Rome soit réunie à l'Italie ? Parce que, sans Rome pour capitale, l'Italie ne peut se constituer ». Certes, ce sera pour l'orateur « un grand chagrin d'être obligé de déclarer à sa ville natale qu'elle doit renoncer résolument et pour jamais à tout espoir de conserver dans son sein le siège du gouvernement ». Mais le choix d'une capitale est déterminé par de hautes raisons morales. « Rome, Messieurs, réunit toutes les conditions historiques, intellectuelles, morales, qui forment la capitale d'un grand État.
« Il faut donc que nous allions à Rome, mais à ces deux conditions : que ce soit de concert avec la France et que la grande masse des catholiques, en Italie et ailleurs, ne voie pas dans la réunion de Rome' au reste de l'Italie le signal de l'asservissement de l'Eglise. Il faut, en d'autres termes, que nous allions à Rome, mais sans que l'indépendance du Souverain Pontife en soit diminuée. 11 faut que nous allions à Rome, sans que l'autorité civile étende son pouvoir sur le domaine des choses spirituelles. » Et le ministre développe fortement ce thème : le pouvoir temporel n'assure pas au pape une indépendance effective; « le pape sera beaucoup