‹ Cavour et l'unité Italienne (volume 3)Chapitre 333 sur 347 · Le prince Napoléon à Cavour, 13 avril 18'H · texte numérisé non relu

Le prince Napoléon à Cavour, 13 avril 18'H

Napoléon III, quels qu'en soient les inconvénients; le roi partage cet avis; mais l'adhésion est nécessaire des ministres et du Parlement; le chef du cabinet en parle avec Minghetti, ministre de l'Intérieur, et avec Ricasoli, leader de la majorité; « après quelques hésitations et non sans une répugnance assez marquée », ils ont promis leur concours. Le 17 avril, Cavour répond donc au prince qu'il accepte en principe, et sauf modification en la forme, les cinq propositions françaises; mais il demande qu'on stipule la reconnaissance du royaume d'Italie au jour de la signature du traité et que la France promette ses bons offices « pour amener le pape à consentir à un accord définitif avec l'Italie, en harmonie avec les principes que le cardinal Santucci et le Père Passaglia ont soumis au cardinal Antonelli ». Surtout, secret absolu, même à l'égard de Gramont1.

Pendant plus d'un mois, on négociera dans l'ombre sur ce thème. Cavour est impatient d'obtenir un texte définitif2, car il craint quelque indiscrétion ou incident qui compromette le grand œuvre. Il envoie à Paris Pantaleoni, l'artisan des négociations de Rome, pour s'entretenir directement avec M. Thouvenel; il presse le bon docteur « de continuer à exercer son apostolat et nous finirons par convertir les infidèles à la foi italienne 3 » .

De fait, le texte n'était point facile à établir, car Thouvenel redoutait l'opposition, non seulement de Rome, mais encore de Vienne, de Madrid, de Pétersbourg, peut-être même de Londres. Le ministre français avait préparé un projet d'acte de médiation, où il reprenait l'idée, ancienne déjà,

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