‹ Cavour et l'unité Italienne (volume 3)Chapitre 37 sur 347 · La Tour d'Auvergne à Walewski, 4 décembre · texte numérisé non relu

La Tour d'Auvergne à Walewski, 4 décembre

car j'ai une foi entière dans ses lumières et dans son caractère élevé ' . »

Le temps approchait du renouvellement de la Chambre élue en 1853. Dans l'ensemble, le pays paraissait très calme et le moment propice pour le consulter ; on parlait bien de quelque agitation à Gênes, — ne racontait- on pas dans le monde diplomatique que Mazzini était revenu dans cette ville2 ? — les contribuables gémissaient sur la lourdeur des impôts et les paysans sur la médiocrité des récoltes, l'extrême gauche geignait sur le manque de liberté, et l'extrême droite prétendait que le peuple en avait trop, mais le tout sans violence, et comme par manière d'habitude. Le décret qui prononçait la dissolution de la Chambre parut le 25 octobre, fixant les élections au 15 novembre, et ne suscita point d'émotion. Ce calme apparent trompa Cavour et déjà il annonçait que « le pays est avec nous, les élections le prouveront bien »; il avait bien senti quelque travail réactionnaire, mais il annonçait, avec son optimisme habituel, que « le parti clérical sera battu3 ».

En réalité ni Cavour, ni Rattazzi n'avaient perçu l'ampleur du mouvement de réaction, les forces et les arguments dont disposaient les adversaires du cabinet. Le parti du conmtbio était au pouvoir depuis cinq années, et à la longue un parti s'use en faisant de toute nécessité des mécontents. L'expédition de Crimée avait lourdement grevé le budget et la paix

1. Napoléon III à Villamarina, de Saint-Cloud, 17 août 1857. Chiala, Lettere, VI, p. 69.

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