‹ Cavour et l'unité Italienne (volume 3)Chapitre 38 sur 347 · Cavour à de La Rive, août · texte numérisé non relu

Cavour à de La Rive, août

de Paris n'avait pas donné un"de ces résultats tangibles, incontestables, qui assurent au gouvernement une facile victoire électorale. La politique ecclésiastique du ministère, la lutte contre les Congrégations, l'aigreur des relations avec la Papauté avaient surexcité la colère de tout le parti catholique, et, de l'archevêque de Turin, d'ailleurs en exil, au moindre vicaire savoyard, il n'était prêtre qui ne fût résolu à partir en guerre pour la bonne cause, bulletins en mains. Enfin, et surtout, l'échauffourée de Gênes avait produit dans tout le royaume une impression désastreuse : on reprochait à la police sa maladresse, au cabinet son imprévoyance, au ministre de l'Intérieur, Pialtazzi, de n'avoir point entièrement rompu avec ses amis d'antan; la crainte de la révolution engendra la réaction, — le cas n'est point unique, — et le responsable des élections réactionnaires, ce fut incontestablement le révolutionnaire Mazzini.

Dès son début, la campagne électorale prit une acuité telle que la confiance de Cavour en fut ébranlée : « La lutte sera vive et sérieuse, écrivait-il. Le parti clérical met en jeu toutes ses forces et emploie tous les moyens en son pouvoir pour faire réussir ses adeptes. Nos amis croient qu'il échouera complètement. Je ne partage pas tout à fait cette opinion \ » Et, ajoutait-il, les mandements épiscopaux 2, les conférences des Révérends Pères, les conseils ecclésiastiques, tout contribuait au combat; en Savoie, les efforts étaient particulièrement intenses, car la politique de Gavour n'y était point populaire". D'ailleurs, les autres partis ne demeuraient point

Page 1