Cavour à Corio, 30 octobre
3. Quelqu'un demandait à Cavour revenant de Savoie àla fin d'aoùtl857 quel accueil il y avait reçu ; le ministre répondit : « On ne m'a pas sifflé, je ne demande pas davantage. » Massari, Cavour, p. 200.
Cavour. — ni. 4
en reste, s'agitaient pareillement. « Tout le monde a le diable au corps, écrivait la vieille marquise d'Azeglio..., dans les provinces, c'est une bacchanale1. » Le ministre de l'Intérieur s'efforçait de se maintenir dans une honnête impartialité2.
Le résultat dépassa les espérances des cléricaux... et les craintes de Cavour. Au premier tour, ce fut un désastre, les meilleurs partisans du cabinet étaient remplacés par des ultracléricaux; deux ministres, Rattazzi et Lanza, étaient en ballottage, le général La Marmora était battu dans sa circonscription originaire, mais élu dans une autre, Cavour n'obtenait qu'une faible majorité dans son collège électoral de Turin, et le chef de l'extrême droite, le vieux ministre de l'ancien régime, La Margherita, passait triomphalement dans quatre circonscriptions ; il avait désormais pour lieutenant un fidèle serviteur de Charles-Albert, le marquis Costa de Beauregard. A l'annonce de ce résultat, colère de Cavour, telle qu'en apprenant Féchauffourée de Gênes : « Vergogna, Vergogna ! Honte, honte ! » s'écriait-il \ Et il écrivait quelques jours après : « Le parti clérical, agissant dans l'ombre, mais avec un ensemble incroyable, suivant l'impulsion et la direction qui lui sont venues de Rome et du comité central de Paris, a obtenu par l'emploi des moyens les plus odieux et les plus répréhensibles une série de triomphes partiels qui lui constituent dans la future Chambre une minorité redoutable. Il nous prépare une lutte désespérée, dirigée non seulement contre le ministère, mais contre les institutions libérales et l'esprit du siècle4 ». Déjà, heureusement, les élections après ballottage avaient été moins mauvaises que le cabinet ne le