Oriani, La lotta polilica i?i ltalia, p
Arrêté à Vienne, où il s'était rendu pour quelque intrigue, transféré àMantoue, enfermé sous triple verrou et derrière des murs épais dans le Castello, il s'était échappé avec une habileté et une crânerie fantastiques . Cette équipée l'avait rendu célèbre, et, à Londres où il s'était réfugié, il avait plu par son élégance, sa belle tête romantique, aux cheveux bouclés et à la barbe d'ébène, comme il avait intéressé par le récit de ses exploits ; il avait conçu l'idée d'en tirer argent, bien singulière dans ce parti de la Jeune Italie où tout était mystère et discrétion ; il trouva des auditeurs à ses conférences et des lecteurs pour ses Mémoires, — mais il avait perdu la confiance de Mazzini et de ses propres amis. Il eut quelque temps d'autres visées, offrit ses services à Cavour ', dont il a écrit dans ses Mémoires qu'il le tenait « pour un des premiers hommes d'État non seulement de l'Italie, mais de l'Europe entière. » Le ministre ne répondit pas2. Suspect à ses compagnons de lutte, écarté par Mazzini, sentant le silence se faire autour de lui, vaniteux et, se ce plaisant à occuper la scène3 », Orsini voulut frapper un coup d'éclat qui le mît à nouveau en vedette et le réhabilitât dans son ancien parti. Il résolut de tuer en Napoléon « le prétendu carbonaro félon, l'assassin de la Rome républicaine, l'homme du Deux Décembre 4 », et, s'il le manquait, du moins lui prouverait-il, après et avec d'autres, que nul souverain ne vivrait tranquille en France, tant qu'il n'aurait pas fait rendre justice à l'Italie.
Ainsi s'aboucha-t-il avec ses compatriotes, Pieri, profes-