Le dernier numéro porte la date du Sabato 28 agosto
3. Lettre autographe de Cavour à La Tour d'Auvergne, 29 août 1858. Cpr. la lettre de félicitations à Vigliani, même date.
4. Notamment de J. Pisanelli. Massari, Il Conte di Cavour, p. 218. Cpr. lettre à E. d'Azeglio, fin janvier 1858.
L'ATTENTAT DORSINI. L'ENTRETIEN DE PLOMBIERES .69
sises le 28 janvier. Cavour comprit immédiatement le parti qu'il pouvait tirer de ce verdict déplorable, et dès le lendemain matin le Conseil des ministres décida de déposer- au Parlement un projet de loi sur les attentats et les excitations à l'attentat. C'était bien joué, car, aux protestations de la gauche Cavour pouvait répliquer avec Alphonse Karr que « Messieurs les assassins avaient commencé » ; et il coupait court aux plaintes de La Tour d'Auvergne en lui disant : « Je comprends les devoirs qui me sont imposés et je suis décidée n'y point faillir... Il est indispensable que nous ne nous trouvions pas désormais sans moyens de répression en présence d'excès du genre de ceux qui ont eu lieu et que je déplore autant que vous1. »
Le temps était passé et le premier danger conjuré. Qu'advenait-il à Paris ?
L'instruction des poursuites contre Orsini et ses complices avait suivi son cours sans incidents de procédure et sans difficultés pour le juge : les inculpés avouaient, leurs déclarations ne se contredisaient que sur des points d'importance secondaire ; seul le nommé X demeurait dans l'anonymat. Pour le gouvernement français, les difficultés étaient ailleurs, dans des incidents surgis en Angleterre à l'occasion des représentations diplomatiques lues par Persigny et des adresses violentes insérées dans le Moniteur Universel. « John Bull se trouvait offensé », a déclaré avec humour un Anglais de pur sang2. Après avoir voté le principe d'un bill modifiant la loi sur les réfugiés, la Chambre des Communes