‹ Cavour et l'unité Italienne (volume 3)Chapitre 54 sur 347 · Hùbner, Neuf ans de souvenirs, II, p · texte numérisé non relu

Hùbner, Neuf ans de souvenirs, II, p

que l'empereur, loin d'oublier son passé et d'être un obstacle à la délivrance de l'Italie, était au contraire en Europe le seul souverain dévoué à la cause italienne1. Le il mars, Orsini écrivit à Napoléon III une nouvelle lettre qui constituait non plus une sourde menace, mais un appel à la générosité du souverain et un désaveu du régicide. « L'autorisation donnée par Votre Majesté Impériale à l'impression de ma lettre du il février... me montre que les vœux qui y sont exprimés en faveur de ma patrie trouvent un écho dans son cœur. Les sentiments de sympathie de Votre Majesté pour l'Italie ne sont pas pour moi un mince réconfort au moment de mourir. Bientôt je ne serai plus. Je déclare, avant de rendre le dernier souffle vital, que l'assassinat, de quelque prétexte qu'il se couvre, n'entre pas dans mes principes, bien que par une fatale aberration j'aie organisé l'attentat du 14 janvier... Que mes compatriotes, au lieu de compter sur ce mo3^en..., apprennentde la bouche d'un patriote prêtàmourir que leur abnégation, leur dévouement, leur union, leur vertu, peuvent seuls assurer la délivrance de l'Italie, la rendre indépendante et cligne delà gloire de nos aïeux. »

Cette lettre, testament politique d'Orsini, pouvait demeurer secrète. Napoléon ne le voulut point. Il en fit remettre copie à Villamarina, pour qu'elle fût transmise à Cavour et qu'on lui indiquât l'opportunité de sa publication. Cavour ne se méprit point sur la gravité de cette mesure, « assaut direct contre l'Autriche, non seulement de la part du Piémont, mais aussi de la part de l'empereur2 ». Il avait compris, suivant l'expression de M. Rothan, que les papiers ne lui avaient point été communiqués pour son édification personnelle, mais

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