‹ Cavour et l'unité Italienne (volume 3)Chapitre 59 sur 347 · Cavour à Villamarina, 27 mai 18o · texte numérisé non relu

Cavour à Villamarina, 27 mai 18o

31 mai à une majorité telle qu' « elle dépassait toutes les espérances1 », et par le Sénat le 22 juin, presque sans débats.

La session parlementaire se traîna pendant quelques semaines sur des sujets divers, notamment sur une question ecclésiastique soulevée par un jeune député appelé à diriger, dans sa vieillesse, le plus long cabinet qu'ait connu l'Italie, M. Depretis. La chaleur devenant insupportable à Turin, le Parlement fut prorogé le 15 juillet.

Mais à cette date Cavour n'était plus en Piémont: depuis quelques semaines il avait traité dans le mystère les négociations les plus graves, et, pour les passer en actes, il avait franchi les Alpes.

A la suite de l'attentat Orsini, l'empereur Napoléon avait, dans son for intérieur, passé par deux phases successives. Le premier mouvement fut de colère et d'indignation, contre les révolutionnaires, contre la Jeune Italie, contre toute l'Italie. Il était serré de près par les deux adversaires du Risorgimento, le nonce du pape et l'ambassadeur l'Autriche, qui lui représentaient avec douceur que tous ces crimes étaient la conséquence des théories débitées à Turin, le fruit de la protection accordée aux sectaires par le Piémont2. Le comte Walewski n'était pas homme à encourager aux Tuileries une politique italienne, et M. de La Tour d'Auvergne, depuis son arrivée à Turin, était sombre dans ses appréciations sur la bonne volonté de Cavour à se débarrasser de toute influence révolutionnaire. Un prince était venu de Vienne à

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