‹ Cavour et l'unité Italienne (volume 3)Chapitre 65 sur 347 · Cavour à Villamarina, 2 avril · texte numérisé non relu

Cavour à Villamarina, 2 avril

3. Nigra à Cavour, 9 mai; Conneau à Cavour, 15 mai ISbS ; dans Giovanni Sforza, Nel primo Centenurio délia Nascita di G. Cavour, gv. in-4° ill. Turin, Bona, 1910, p. 8-9.

4. En tous cas avant le 2 juin. Cavour à Villamarina, 2 juin 1858. Chiala, II (2° éd.), p. 556.

5. Chiala, Lettere, t. II, préface, p. 289, d'après une lettre inédite.

pour « causer avec lui de l'état de l'Italie » ; Cavour répond que « ce sera une vraie fortune de pouvoir attester de vive voix à l'empereur les sentiments qu'envers lui nourrissent le roi de Sardaigne et son gouvernement 1 ». Le souverain et son ministre parlent alors du mariage projeté, mais Conneau se dérobe, disant ignorer entièrement ce que l'empereur pense à cet égard2. Et il disparaît aussi mystérieusement qu'il est arrivé, n'ayant point d'ailleurs mis le pied à la légation de France.

Dans de telles circonstances une telle invitation était un commencement de négociation3 : Cavour ne s'y méprend pas. Mais pour aboutir, ces pourparlers doivent rester dans le plus profond mystère. Dans le courant de juin, Camille écrit à son bon cousin de La Rive qu'il lui rendra prochainement visite, « couvant depuis longtemps » le projet de « faire un petit tour en Suisse4 ». A sa chère amie Mme de Circourt, il raconte qu'il est un pays où il ne peut aller, c'est la France, car « son voyage donnerait lieu à toutes sortes de commentaires, qui, bien que dénués de fondement, n'en seraient pas moins fertiles en inconvénients fâcheux pour son pays5 ». A ses ministres, à ses diplomates, à ses amis, à la ville, au monde, il annonce qu'il va se reposer dans ce « petit paradis » de Pressinge.

La session parlementaire va se clore, il fait torride en Pié-

1. Bianchi, Storia docurnentata, VU, p. 405, d'après une lettre de Cavour à Villamarina, 21 juin 1858.

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