Cavour à de La Rive, juin
5. Cavour à Mme de Circourt, 7 juillet 1858- Nigra, Le comte de Cavour et la comtesse de Circourt, p. 88.
mont. l'air sera exquis sous les frais ombrages de l'Helvétie. Il part.
Cavour quitte Turin le 11 juillet 1858. Avec le roi, seul en Piémont le ministre de la Guerre, La Marmora, est au courant du but réel de ce voyage. Villamarina, qui connaît le mystérieux dessein, viendra voir son ministre en Savoie1. Pour des amis intimes comme Castelli, de hauts fonctionnaires comme Santa Rosa, le président du Conseil séjourne à Genève, faisant des excursions à Chamonix, à Bâle, au Lukmanier"2. Néanmoins le bruit du prochain voyage à Plombières circule dans la capitale sarde, et « donne naturellement lieu à de nombreuses conjectures3 ». Ayant appris que La Tour d'Auvergne a un frère de service auprès de l'empereur, Cavour charge Salmour, secrétaire général aux Affaires étrangères 4, d'aviser le ministre de France que « l'empereur a daigné l'autoriser à lui faire sa cour à Plombières ». — C'est l'expression du diplomate.
Au cours de son voyage, il s'arrête pour visiter les travaux du Mont-Cenis, et il trouve « que ces travaux auraient pu être poussés avec une plus grande activité5 » ; à Chambéry, il traite quelques affaires administratives et électorales, satisfait de l'accueil qui lui est fait, car « dans la rue on ne l'a pas sifflé ». Le voici enfin à Genève, le 14 juillet, accueilli par une ovation populaire, car il est très aimé des habitants; il s'installe à