La Tour d'Auvergne à Walewski, 17 juillet
4. Cavour à La Marmora. 14 juillet 1858. o. Cavour à Santa Rosa, 13 juillet.
96 GAVOUR
Pressinge, en famille, heureux du délassement, étendu sous la charmille, se distrayant à lire un épais volume de BuShckle sur la Philosophie de V histoire. Mais quatre jours après il annonce son prompt départ; il a en effet trouvé à Genève une lettre du général de Biéville, aide de camp de l'empereur, lui annonçant que le monarque sera « charmé » de le recevoir à Plombières. Cet homme habituellement si sûr de luimême est ému, inquiet. « Le drame s'approche de la solution, écrit-il à son confident, La Marmora : prie le ciel de m'inspirer pour que je ne fasse pas de bévue dans ce suprême moment. En dépit de mon ordinaire confiance, je ne suis pas sans grande inquiétude1. » Il part, emportant son Burckle, mais aussi un mémorandum des « questions qu'il faudra traiter avec l'empereur ou qui pourront être soulevées par lui », et un schéma de traité entre la France et la Sardaigne2. Accompagné d'un jeune attaché aux Affaires étrangères, De Veillet, voyageant incognito, avec un passeport sous son nom originaire de Benso, il est néanmoins repéré lors de son arrivée à Plombières par la police qui en avise Walewski; le 20 au soir, il est dans un hôtel de Plombières; le lendemain 21 juillet à 11 heures du matin, il entre dans le cabinet de l'empereur. C'est ici une journée décisive dans l'histoire de l'Italie et de la France. Par l'empereur, fermé même à ses intimes, on en sait peu de choses; Cavour au contraire en a donné tous les détails3. Dans ces entretiens, qui dureront huit heures, que