‹ Cavour et l'unité Italienne (volume 3)Chapitre 70 sur 347 · Cavour à La Marmora, 24 et 25 juillet · texte numérisé non relu

Cavour à La Marmora, 24 et 25 juillet

4. « La diplomatie s'en va, écrivait à cette époque le vieux Metternich; il n'y a plus maintenant en Europe qu'un seul diplomate; mais malheureusement il est contre nous : c'est M. de Cavour. »

en Suisse pour un petit voyage d'agrément : Bâle, Turin, Saint-Gall, Coire et le Lukmanier dont il voulait visiter les pittoresques gorges ; le temps était épouvantable, il dut descendre en Italie par le Splùgen, mais, avant de rentrer à Turin, et ceci est fort intéressant, il s'arrêta chez son bouillant adversaire, Brofferio, voulant, a raconté celui-ci1, «après avoir visité à Plombières le palais d'un empereur, honorer la chaumière d'un démocrate ». Le malin Camille ne manquait rien qui pût lui être utile. Le 31 juillet, il était dans la capitale; le lendemain, il présida le Conseil des Ministres et s'entretint longuement avec son roi. Et le 3 août, il envoie à Napoléon III, un « résumé des points concertés à Plombières » \ véritable projet de traité, germe du pacte de janvier 1859.

En Piémont, en Italie, comme en France et dans toute l'Europe, nul ne s'y méprit : l'entrevue de Plombières était chose grave, lourde de conséquences. Un journal de Turin, qui reflétait souvent l'opinion du cabinet, écrivait : « Sans pénétrer dans les mystères de Plombières, nous pouvons dès à présent considérer le voyage du comte Cavour, entrepris sur l'invitation expresse de l'empereur, comme une réponse catégorique à beaucoup de questions posées par l'Autriche, par l'intermédiaire de sa diplomatie ou de sesjournaux3. » A n'en pas douter, la pointe aiguisée dans les Vosges était dirigée vers l'Autriche. Et quelqu'un entendit le ministre murmurer : « Ormai ci siamo ».

En ce moment décisif, quels étaient l'état, les relations, les tendances des gouvernements de l'Italie et de l'Europe ?

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