L'Opinione de Turin, du 30 juillet
Cavour eut tout loisir pour les étudier à son retour de voyage, pendant les vacances du Parlement, dont il passa une partie dans son cher Léri1.
En Italie, la situation peut se résumer d'une phrase : la maison de Savoie était aussi aimée des peuples que détestée des cabinets. Les relations du Piémont avec le royaume de Naples, mauvaises depuis longtemps, s'étaient encore tendues sur un incident né de la tentative de Pisacane en juin 18o72. Les autorités napolitaines s'étaient emparées du Cagliari, qui avait amené les assaillants, et elles avaient jeté en prison le capitaine et les hommes de l'équipage, la plupart Génois. Depuis lors, le gouvernement sarde réclamait vainement la libération des marins et la remise du navire ; il avait consulté son comité du Contentieux, qui avait émis un avis d'un raisonnement impeccable, concluant à l'obligation pour le gouvernement napolitain de restituer un bateau qui avait été entraîné dans cette aventure malgré la volonté de son capitaine, et Cavour adressait à Naples ses notes les plus sèches, à Paris et à Londres ses protestations les plus pathétiques et d'ailleurs les plus justifiées : il n'est pas possible d'entrer ici dans leur détail3, les Archives des Affaires étrangères regorgent de documents à ce sujet. 0;', deux mécaniciens étaient sujets anglais, d'où intervention, d'ailleurs grognonne, de l'Angleterre, que le cabinet napolitain ne pouvait traiter de la manière hautaine et dédaigneuse qu'il employait avec le gouvernement sarde. Finalement, en juin 18o8, le Cagliari
1. Sa correspondance est datée de Léri, du lo septembre au 3 octobre 1858.